Ce soir confond les nuances de bleu.
Pour séparer la terre de l’océan
L’horizon s’orne d’un listel lumineux.
Des barques à balancier prennent le vent
Pour franchir la barre et les hauts-fonds rocheux,
Elles virent au large alors que sur l’estran,
En vue du retour, on allume des feux
Alignés sur les récifs aux doigts coupants.
A l’horizon la ligne claire s’efface,
Les pirogues se noient dans la nuit sans lune,
La vie, les formes, les couleurs laissent place
Au vaste néant, à l’angoisse commune.
Toute la nuit les pêcheurs jettent leurs nasses
Qui contiennent l’espoir de moins d’infortune.
La nuée des lumières embarquées chasse
Les visions qui naissent de l’ombre importune.
Ces lampes, pour le kingfish fatals mirages,
Sont pour les iliens des signaux rassurants.
Les femmes restées près des feux sur la plage
Chantent en mimant l’onde des océans,
Chantent la nuit vaincue, le bonheur sauvage
D’y aménager un espace accueillant
Pour ses craintes, ses désirs et ses orages.
Je lève les yeux vers un ciel différent.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE