L’homme est seul sur le banc de l’abribus
Il sourit dans l’air frais du matin de printemps
Non il ne sait pas quand le prochain passera
Non il n’attend pas le bus
d’ailleurs il n’a jamais pris le bus de sa vie.
C’est vrai qu’on le verrait plutôt héler un fiacre
de sa canne négligemment tendue par son milieu
gants blancs et costume ouvert sur sa Lavallière nouée.
Il est là juste pour profiter du soleil
... et de l’air tant qu’il y en a.
Il allume sa cigarette à la précédente
et m’en propose une.
D’ici il peut voir la fenêtre de sa chambre ...
Il habite en face au pavillon d’oncologie
où on s’occupe de ses poumons.
L’air y est trop confiné.
INSTANTANÉS
HORIZON POÉSIE