Les arbres surgis là
ajoutent de l’ombre à l’ombre.
Comme de bons soldats
ils submergent sous le nombre
l’aménité des jours,
et leurs bras inextricables
effacent les contours
de l’aube désirable.
On espère le matin
Quand s’ouvre une clairière
sous un ciel arachnéen
plus pesant que la terre.
On voit pointer une éclaircie
qu’une nuée d’oiseaux noirs
aussitôt assombrit.
L’air vibre de désespoir.
Le ciel se laisse descendre
et s’émiette sur le sol.
On marche dans la cendre
d’où montent des fumerolles.
La noirceur se pétrifie,
la nuit magdalénienne
taillade dans la vie.
La nuit est d’obsidienne.
SOUS L'ÉCORCE
HORIZON POÉSIE