Un bistrot faiblement éclairé, vitrine aux rideaux vichy, porte entrouverte. Musique, rires et conversations se perdent dans la nuit. Le pavé mouillé reluit dans la lumière des néons bleus. Un léger brouillard s’échappe des bouches d’aération du métro et enveloppe les jambes des rares passants.
De l’autre côté de la rue, le point brillant d’une cigarette
au coin d’une porte cochère. L’homme surveille les entrées
et sorties du petit bar, trench-coat serré à la taille,
fedora rabattu sur les yeux.
Une femme, veste de fourrure, jupe crayon et talons hauts, s’approche, elle lui demande du feu. Gros plan sur les deux visages éclairés par la flamme du briquet.
Une traction avant roule dans la nuit, lentement le long du trottoir. Comme la fatalité en marche.
Les dieux et déesses impitoyables de l’argent et de la vengeance ont scellé le destin des héros et des salauds. Le chœur antique, trio de cuivres, basse et batterie, commente l’action. Les battements de cœur des spectateurs l’accompagnent.
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