« Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ;
enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »
Baudelaire, Le Spleen de Paris
Comme l’incendie s’étend
dans le secret des racines
l’ivresse de vie s’épand
dans les sentiers, les ravines
des chairs creusées par le temps.
Un jour elle se rallume
quand on la croyait éteinte,
quand ne restait qu’une écume
maussade et boueuse, aux teintes
de sépia et d’amertume,
Une aube aux reflets d’argent,
un ciel brouillé dans les flaques
de l’orage sur l’estran,
les éclats sur le ressac
d’une lune de printemps ;
et tels les feux qui paressent
au fil d’un fleuve sacré,
les derniers rayons que laisse
le soleil déjà couché
entretiennent cette ivresse.
CLAMEURS
HORIZON POÉSIE