Dans les villes frénétiques
le silence est inaudible,
l’urgence parasite
en brouille le murmure.
Le même ennui technologique
traque les tintements
des matins de printemps,
les crissements des nuits d’hiver,
la symphonie des pluies d’été,
le vent léger de la pensée.
Des vents contraires balayent
les voix et les chants solitaires,
la clameur des bateleurs
couvre les battements de cœur,
les tambours mercenaires
coiffent les villes d’un voile terne
qui oppresse le moindre souffle.
Au-dessus parfois navigue
une barque où se hisser
pour se laisser emporter
dans son domaine singulier,
océans tumultueux
ou tranquilles marécages,
où le silence est confidence,
où l’illusion est évidence,
loin toujours des faux-semblants.
La Poésie en tient la barre.
LE TEMPS DE VIVRE
HORIZON POÉSIE