Jours et joies révolus
Années et saisons mortes
Instants qui ne sont plus
Avancent en cohorte
Un frais matin d’hiver
Où la brume s’accroche
Je cours aux lendemains
Comme l’eau à la mer
Des billes dans la poche
Le cartable à la main
Une soirée d’été
Que les chauves-souris
Fêtent avec ivresse
Assis au bord d’un pré
Des étoiles qui rient
On ressent la caresse
C’est nous qui avançons
Et le temps infini
Dépose ses scories
Comme des alluvions
Une nuit floconneuse
Comme un aveu manqué
La dame aux camélias
Éphémère amoureuse
Doucement a jeté
Du sable sur ses pas
Sous la pluie tropicale
Les orgues de la mer
Tendrement ont bercé
L’espérance d’escales
Longues et loin des terres
Sous des cieux insensés
Les remous de la vie
Qui parfois égratignent
Au roman non écrit
Peuvent rayer des lignes
Le ciel dans les pupilles
Des sourires en vrac
La foule qui s’ébroue
C’était à la Bastille
Sur un pré du Larzac
Ou sur les quais du Doubs
La rumeur de la ville
Se dissipe à l’entrée
Du bâtiment austère
Dans la chambre immobile
Le printemps espéré
La réchauffe et l’éclaire
Le chemin se déroule
Tout comme au cinéma,
Et c’est la vie qui coule
Au rythme de nos pas
La « 403 » bleue
Roule comme un voilier
Sur la vague du temps
Où l’on se tient à deux
Elle nous a portés
De l’automne au printemps
En quelques pas de danse
Pour la vie élargie
Sage-femme et docteur
Ont fêté la naissance
Dans l’île de la nuit
Bulle de pur bonheur
LE TEMPS DE VIVRE
HORIZON POÉSIE