La rue qu’animent les promeneurs
qui l’ont arpentée jadis en riant
garde leur empreinte dans la pierre.
La cour d’école s’emplit des cris
d’enfants oublieux de leur enfance,
et le comptoir du bistrot résonne
de voix éteintes et oubliées.
La passerelle est vibrante encore
de tous les pas de passants disparus.
Les cours intérieures répercutent
les bonjours envoyés des étages
quand le linge séchait aux fenêtres.
Lorsque descendant le val de Saône
le brouillard enveloppe les quais
on peut y voir des ombres marcher.
Sans mélancolie le quartier vit
au rythme des rêves du passé
qui l’enrobent délicatement
d’une quiète rumeur symphonique.
LE TEMPS DE VIVRE
HORIZON POÉSIE