Je n’emprunte rien au printemps
Je ne veux rien lui devoir
Je ne promets rien du futur
On pourrait m’en rendre comptable
Je veux ignorer le passé
Il faut le laisser à lui-même
Je n’évoquerai pas les roses
En vrai elles trouvent le temps long
Je n’invoquerai pas le ciel
Il fait fi des prévisions et des prières
Je ne me confie pas aux arbres
Ils font de l’ombre à qui les côtoie
Je ne scrute pas le cosmos
Il envahit déjà l’espace
Je ne peux rien dire des vivants
Ils ne sont pas fréquentables
Je ne mentionne pas les morts
Eux-mêmes m’ont oublié
Vous ne saurez rien de moi
Je n’ai pas fait de vieux os.
FANTAISIES
HORIZON POÉSIE