Au coin de la maison le brouillard
Dérobe l’îlot où je suis né
Que traversent des oiseaux criards.
De gracieux lézards arlequinés
Y fuient des carnassiers que taquinent
De noirs insectes phosphorescents.
Des eucalyptus géants dominent
Le bouillonnant chaudron d’un volcan.
Sous des nébuleuses flamboyantes
La nature y est exubérante.
À la nuit sur le toit il y a
Un bar avec orchestre baroque ;
Blaise Cendrars et Tristan Tzara
Disent des vers en buvant des bocks.
Je mets des pièces dans le Jukebox,
Nina Simone les fait pleurer,
Ils rient aux riffs de Jimmy Hendrix.
Ils partent quand l’aube vient pointer ;
La cloche sonne et le bar s’envole
Au son des théorbes et des violes.
Sous la mousse des murs du jardin
La flore minuscule des mots
S’épanouit aux temps incertains.
À l’aube je les cueille aussitôt
Pour les aligner sur du papier
Alors qu’ils sont encore innocents.
Ils y incrustent leur odyssée,
Ils y déposent l’or et le sang.
Tantôt cactus, liane ou orchidée
Ils sont vivants, indisciplinés.
SOUS L'ÉCORCE
HORIZON POÉSIE