Un vent discret frappe à la fenêtre,
Un soleil timide en son sillage ;
La vie, qui répugne à se soumettre
Et ne laisse entrer que les orages,
N’envisage pas qu’on s’abandonne
À la douce étreinte du printemps,
À son voile léger qui frissonne ;
Elle nous enjoint d’être prudents.
J’ouvre cependant pour écouter
Le merle perché qui m’interpelle.
Son chant vaut bien tous les Laudate,
Son prunier vaut bien les grands hôtels.
La fenêtre ouverte à son ivresse,
J’habite le même ciel instable,
Je respire le même air qui presse
À aimer ce qui est périssable.
LE TEMPS DE VIVRE