Les tamaris s’inclinent sous le vent chaud.
Ils projettent des ombres fantomatiques
Aux pieds de leurs troncs blanchis au lait de chaux.
Les feuilles renvoient des reflets métalliques,
Comme des guirlandes de cheveux d’ange.
Frémissants dans la brise, les aloès
Semblent protéger la côte de la frange
D’écume qui borde une mer qui paresse.
Lumière dure, lumière verticale.
Rien que les frissons d’une vie silencieuse,
Tout emprunte une apparence minérale.
Plus loin, au pied de la falaise rocheuse,
Sous le dôme bleu qui défie les grands nombres,
L’humble coupole blanche d’un monastère.
Midi. Les reliefs sont noyés dans leur ombre
Et je me tiens entre ces deux hémisphères.
VAGABONDAGES