À la tombée du jour, les barques regagnent le port,
Chargées de sardines ou d’espadons
Et des rêves des pêcheurs.
Les mouettes les suivent en criant.
Sur le quai bruyant, les mouches dansent.
La mer s’invite dans chaque ruelle.
Sur la plage on reste là, à sentir ce souffle léger
Qui passe entre nos doigts,
Sans savoir ce qu’il retient de nous.
Lentement une brume invisible efface l’île,
Mogador disparaît avec la lenteur d’un adieu.
On quitte l’océan par les rues ocres et blanches.
Lointain d’abord, parvient le son des tambours,
Avant que paraissent des musiciens gnaouas.
Derrière eux des hommes avec de longues trompettes.
Les femmes lancent des youyous
Qui déchirent la brise du soir.
Des enfants courent autour du cortège.
Les remparts de la ville gardent le sel du vent
Comme nos corps s’imprègnent de nos tempêtes.
La nuit vient comme un apaisement
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE