Voix I
Je soutiens le regard que la folie invente.
Mais je garde en dedans les ombres délirantes
Qui surgissent aux plus profonds détours des nuits,
Se plantent dans mes yeux, et s’ancrent dans ma vie.
Mais la houle de travers me déséquilibre,
Et fait pénétrer l’odieux dans toutes mes fibres.
Mais les secousses secrètes de ma planète
Ouvrent des failles là où la raison s’entête.
Mais ma sphère se protège de barbelés
Qui griffent chaque mot écrit pour résister.
Voix II
Je connais ce regard que la folie t’invente.
Je devine ces ombres qui sont en attente,
Elles sont la respiration de tes fêlures
Qui s’exhale la nuit par des chemins obscurs.
La mer intérieure n’épargne pas ses rives,
Mais tu n’es pas que le berceau de ses dérives.
Toute planète vivante a des soubresauts,
La tienne se hérisse d’être à fleur de peau.
Écris, même si ça griffe, même en secret,
De l’autre côté des mots je te répondrai.
CLAMEURS
HORIZON POÉSIE