“You're damn right, I've got the blues
From my head, down to my shoes”
Buddy Guy
De l'Atchafalaya au Mississippi,
De l’aube jusqu’à la nuit, et sans répit,
Couper la canne, récolter le coton.
Le chant rythme les gestes et les saisons.
Trimer dans l’eau sablonneuse et dans la boue,
N’avoir pour perspective que le bayou.
Cri des miséreux et des laissés pour compte,
Le blues s'approprie l’infortune et la honte.
Il arme les âmes et panse les plaies.
Des voies du “Texas and Pacific Railway”
À la route du port de Pointe Coupée,
Le blues t’emporte et franchit les barbelés.
Quitter ta cabane et cet horizon gris,
Quitter le Sud à bord d’un transport de riz,
Après Clinton oublier enfin le fleuve.
À Chicago les nuits te feront peau neuve.
Peiner le jour dans un hangar de l’East Side,
Traverser la nuit dans un club du South Side,
Demain aux Stockyards, trimer aux abattoirs.
Un solo de banjo t’a offert l’espoir.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE