Entre Méditerranée et désert
La route indique Tataouine et Tripoli.
L’Hôtel Atlantic a toujours ses lustres
Et sa façade coloniale et mauresque.
Il a perdu ses riches touristes des années folles.
Le Combattant Suprême est toujours là
Dans son palais de Monastir.
On sent l’oasis tout près de l’océan.
Le rendez-vous est non loin du port,
Dans le bar des marins, sur la corniche.
On n’y parle que dans l’arrière-salle,
L’information s’importe et se partage
Comme les cigarettes de contrebande.
Le chalutier de bois nous attend à l’ancre,
Peinture bleu vif, yeux noirs à la proue.
Sur les quais, des chaluts sèchent au soleil.
A bord l’équipage est déjà prêt,
En débardeur et chapeau de paille.
Chaque remontée des filets, chaque tri,
Fait souffrir les corps usés par le soleil et le sel,
Mais les heures où l’on traîne le chalut
Permettent de vivre et de rire en liberté.
Un dauphin profite du fretin rejeté.
On rentre heureux à la tombée du jour.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE