Des maisons sortiront les chansons conquérantes
Que naguère on entendait aux seuils des palais;
Ce sera un matin plein d’odeurs enivrantes
De pivoine et d’espoir, de bonheur et d’œillet.
Tout le ciel brillera plus que l’or des coupoles,
Et lavant les scories, les noirceurs, les blessures,
Versera ses torrents sur nos mains en corolle,
Comme on voit les anges aux toits des sépultures.
Aux balcons, on verra les orgues, les trompettes
Qui sonnaient autrefois aux chœurs des cathédrales.
Alors on dansera sur un sol de tempête
Sous ce ciel de printemps aux fureurs hivernales.
Pour repousser le soir et sa molle paresse
Les pavés chanteront sous les coups de la pluie;
Aux vents qui porteront des rumeurs d’allégresse,
Nous tendrons nos rêves pour effacer la nuit.
CLAMEURS