Au bout de la plage, un petit bistro
Dont le patron est le jeune Nikό.
Tout le jour accompagné d’un oùti
Assis dans le sable à l’ombre du rocher,
Il chante des airs nostalgiques,
Vieux rebetika d’autres décennies.
Tout le jour on entend les Niiikό ! Niiikό !
Lancés depuis la terrasse
Par la voix caressante de Kaíti.
Sourire tranquille de Nikό
Qui se hâte vers les quelques clients
Et revient près de son verre d’ouzo.
Et l’on reste ici jusqu’au soir,
Le regard sur les eaux turquoise
Où se dressent des rochers blancs.
Allongé au pied de la citadelle,
On l’écoute gratter l’instrument
Qui accompagne sa voix rauque.
« Une respiration, un souffle,
Comme une fleur,
Une main nous coupera à l’aube. »
Dit la chanson.
La conscience se perd sur l’horizon.
Jusqu’au soir, en osmose avec le lieu,
Dans l’ombre qui descend des collines,
Le spleen des mélodies,
Les appels de Kaíti,
Le clapotis du ressac,
Sont une seule voix,
Un mantra chaque jour répété
Qui ouvre les portes de la félicité.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE