Mes pieds suivent les chemins tracés par le vent,
Mes mains recueillent la fraîcheur des jours d'avant,
Quand les cœurs portaient des espérances plus grandes,
Mes cheveux volent dans le parfum des lavandes.
Tes doigts entremêlent les ombres de la forêt
A la lumière qui descend sur les marais,
Le ciel crépusculaire éclaire tes paupières
De violet et d'ocre, d'océan et de terre.
Le reflet des soirs d'été glisse sur tes yeux,
Tes mains sculptent dans la nuit un coffret précieux :
Mes rêves le remplissent de plages heureuses
Où tournent en riant mille mouettes rieuses.
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Tes bras ouvrent en grand les fenêtres des jours,
Et toujours on y trouve de nouveaux séjours,
Jardins de rires, d'herbes folles et de sources,
Jardin de rêverie où l'âme se ressource,
De secrets et d'insectes, d'aveux et d'oiseaux,
De morte-saison, ou jardins de vives-eaux.
Jardins pleins d'amis, de souvenirs et de roses,
De tonnelles et d'ombre, et de vies que l'on n'ose.
Nos pas nous portent vers des terres émergées,
Île vierge, vaste plaine, ou pic enneigé,
Où la nature jamais lasse de largesses
Nous inonde de sérénité et d'ivresse.
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On avance en riant, rires de l'éclusier
Que troublent à peine les crues de la rivière;
On avance en riant par d'étranges sentiers
Où naissent les étés, sans craindre les hivers.
On avance en rêvant comme on rêve en enfance
De course et d'eau fraîche dans les blés mûrissants,
Lorsque devant soi s'ouvrent les grandes vacances,
Et le temps infini, et les joies qu'on pressent.
On avance en luttant comme un voilier au près
Abandonne à l'écume un peu de sa carène,
Mais vole à l'océan l'espace où l'on s'effraie.
Et nos corps trahissent leurs limites anciennes.
EN ÉQUILIBRE
HORIZON POÉSIE