Regarder l’eau couler sous le pont d’Ainay
Quand la brume hivernale habille la Saône
Tandis que passent des péniches de houille.
Descendre à Monte-Carlo en wagon-lits,
Voir sur le quai devant sa maison de briques
Le garde-barrière qui salue le train.
Déjeuner le dimanche sur les bords de Saône,
Danser sur le ponton au chant des oiseaux,
Rentrer à vélo, pleins de joie pour lundi.
Voir et revoir Casablanca, s’émouvoir
Quand le Lockheed s’enfonce dans la nuit
Sous le regard embrumé d’Humphrey Bogart.
Dans la triste file des berlines noires,
Admirer le coupé Facel Vega rouge
Et ses deux occupants vêtus de lin blanc.
Applaudir Miles Davies à l’Olympia,
Et boire un Martini autour de minuit
Dans un bar du boulevard des Capucines.
Quand le temps s’allonge comme font les ombres,
Vivre une vie parallèle et surannée,
Revivre les jours qu’on n’a jamais vécus.
RÊVES RÊVERIES
HORIZON POÉSIE