Je me suis assis et j’ai regardé
Passer les heures carrées, sans ennui,
Chaque instant en secret se craqueler
Insensiblement, comme un vieil enduit.
Je me suis confronté aux ans passés,
Aussi pesants qu’une dalle éplorée,
Et aux plaintes des heures oubliées,
Et aux craintes des heures désertées.
J’ai écouté le galop des secondes
Comme l’écho d’un cavalier barbare ;
J’ai senti, comme un continent qui gronde,
Le temps à venir saper le rempart.
Et j’ai replongé dans l’hémorragie,
Vivant singulier parmi des millions.
Seules la musique et la poésie
Nous sauvent parfois de la submersion.
LE TEMPS DE VIVRE