Épuisé le jour fait naufrage,
Passants rares, voitures noires,
Dans la nuit on pressent l’orage
Et me reviennent en mémoire
Une musique et des images.
Paris mille neuf cent cinquante-sept,
Pluie noire, flot d’adrénaline,
Miles Davis est à la trompette.
Angoisse et vertige en sourdine
Et la fatalité qui guette.
Je songe que cette année-là
Parvenait une autre musique
D’un inaccessible au-delà.
Les premiers signaux de Spoutnik
Relayés par les transistors
Comme les cris d’un grand rapace
Dont le vol annonce la mort
Tourbillonnaient dans notre espace.
Passé, présent, rêve et fiction
S’entremêlent dans leurs détours
Et vacillent en suspension
Aux creux du sillage des jours.
LE TEMPS DE VIVRE
HORIZON POÉSIE