Bonheur.
La figue glanée sur les pentes du mont Ida,
en elle l’infinitude d’un bouddha.
Espérance.
Le dôme vierge du sommet enneigé,
vaste page blanche où l’on peut s’engager.
Sérénité.
Concerto pour flûte et harpe, l’andantino
recèle tous les feux des flots de l’Arno.
Tristesse.
Une maison aux volets clos, son jardin
délaissé n’attire même plus les daims.
Mélancolie.
Une nuit sans lune, les aboiements d’un chien,
comme de vains échos des regrets anciens.
Joie.
Au printemps, les vaches de retour au pacage
dansent, et dansent en miroir les nuages.
Douleur.
L’appel insensé de l’arbre foudroyé
que seules les corneilles ont relayé.
Ennui.
Ciel gris. Ciel bas. Demi-jour. Jour sans mémoire,
sans ombre et sans lumière, jour sans histoire.
Surprise.
Le bond hors des blés du chevreuil débusqué,
poésie par la vie même convoquée.
FANTAISIES
HORIZON POÉSIE