Es-tu celui là qui pleure dans la nuit,
qui ferme les yeux à la pleine lumière
mais regarde intensément autour de lui,
Es-tu encore celui qui est né hier ?
Es-tu celui qui rêve éveillé le jour
Et qui marche toutes les nuits sans sommeil
en des lieux semblant connus depuis toujours,
celui qui erre entre la fuite et la veille ?
Es-tu celui qui entend ceux qui sont là
dans le creux du chemin et les haies des prés,
dans la poussière du grenier ou l’éclat
du vieux miroir ou de la table cirée ?
Es-tu cet autre qui traverse le monde
de l’est à l’ouest désirant tout en connaître,
et qui des chemins où l’esprit vagabonde
apprend et réapprend chaque centimètre ?
Ou bien celui qui guette du haut des cimes
les nuages noirs aux confins de la lande,
toujours armé de ses peurs et de ses rimes,
de ses arabesques et de ses guirlandes ?
Celui qui envoie des signaux de fumée
et déchiffre les oracles de la brume,
qui laboure en des lieux inaccoutumés,
et creuse sous le pavé et le bitume ?
Celui qui rit dans la vague et le brouillard,
et qui se noie dans la clarté de midi,
Celui qui appelle du sommet des phares
Et n’obtient de réponses que de la nuit ?
CLAMEURS
HORIZON POÉSIE