Tu caresses le fer et le béton
Et tu sens sous ta main la terre humide
Et la douceur d'une fleur de coton …
Les jours tombent en pluie grise, insipides.
Tes pas légers au sol étranger
Y laissent une trace minimale.
Ne peux-tu que rêver et voyager ?
Tu marches sur les collines natales.
La nuit bleue dégage une odeur d'asphalte
Et vit au rythme d'un cœur électrique;
Tes rêves que le souvenir exalte
Te protègent de leur cercle magique.
Les jours en enfilade interminable
Se referment sur toi, mais tu n'écoutes
Pas leur plainte, et nulle aube ne t'accable.
Tu t'éveilles dans le fossé des routes.
Aucun lieu depuis le quai du départ
N'a pu effacer la maison de pierre,
Les forêts bleues de tes premiers regards,
Couronnant la plaine, blanche en hiver,
Et blanche encore après la floraison.
Comme elle, ta vie s'étale immobile
Et trop blanche, saison après saison.
Il neige encore aujourd'hui sur la ville.
CLAMEURS
HORIZON POÉSIE