Comme un tsunami qui se retire
en vagues successives, les ans
emportent la boue des souvenirs.
Déchets broyés, résidus du temps
répandus par nos pas, sacrifiés
dans nos fuites, et par nos errances
dispersés, par paresse oubliés.
De nos vies subsiste l’apparence.
Mais les senteurs du champ qu’on moissonne,
mais sur le chaume un pas malaisé,
les pommes cuites un soir d’automne,
un mât qui tinte sous la risée,
mais l’arbre qui gémit dans l’orage,
mais le bleu du ciel un soir d’été,
le cri d’un enfant, un air de jazz,
et les souvenirs sont convoqués.
RÊVES RÊVERIES