San Francisco s’est tue
dans ses rêves de sable.
Seules tournent les grues,
insectes insatiables.
Dans cette nuit opaque,
des mâts de goélette
se dressent sur l’écume,
porc-épic alphabète
qui déchire la brume,
pour les rêves de Jack.
Au Klondike, plus d’or
mais de l’espoir encore
qui éclaire la boue.
Au près, ou vent de bout,
une étreinte océane
le rendra éternel.
Dans les villes où l’on trime,
aux comptoirs fraternels
la vie en folle-avoine
sous sa plume s’anime.
D’Oakland à Glen Ellen,
il y a cinquante miles,
vingt ans et mille vies.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE