Depuis plus de deux mille ans
On s’assied sur ces gradins
Pour boire l’été sans fin
Dans la splendeur du couchant.
Comme en mémoire des pâtres
Qui hantent ces lieux antiques
Quelques notes bucoliques
Montent vers l’amphithéâtre.
L’air du soir se fait léger,
Le souffle venu d’Orient
Pousse deux triangles blancs
Sur la méditerranée.
Depuis la scène de marbre
Tu reprends l’air du berger
Sous la lueur orangée
Étirant l’ombre des arbres.
Quand la flûte traversière
Renvoie des reflets dorés
Le ciel vire au violacé
Là où il rejoint la mer.
On voit une caravane
Sur des chemins empierrés,
Loin des jardins ordonnés
D’un largo de Telemann !
Le jour ne finit pas,
À jamais crépusculaire.
J’en ai marqué le repère
Comme d’une île engloutie.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE