1
Zan dort chaque nuit sous un pont
Où le soir fleurissent des tentes.
Sous la voûte une inscription blanche
Clame la peur de la couleur.
Il observe au soleil couchant
Une mouette qui descend le fleuve,
Libre, ignorante des frontières.
2
Ses jours et ses nuits sont semblables
A un torrent bourbeux
Que nulle lumière ne pénètre.
Mais quand passe par la fenêtre
Un souffle porteur de lilas,
Ève éclaire sa chambre blanche
D’un sourire de bonheur brut.
3
Au bout d’une nuit sans sommeil
Vlad contemple la brume bleue
Qui s’élève au-dessus des champs
Et des lambeaux d’obscurité
Accrochés aux ruines du pont.
Derrière le viseur du fusil
Le snipper s’émeut du tableau.
INSTANTANÉS
HORIZON POÉSIE