À l’ombre des peupliers qu’on a plantés,
sous leur chatoyant rideau
bruissant du chant des oiseaux
et frissonnant mollement au vent d’été,
des tréteaux, deux longues planches et des bancs,
des draps pour les recouvrir,
une ronde de sourires
dans l’odeur du lilas et des rosiers blancs.
Bonheur de l’instant qui s’étire au soleil
et d’avoir la vie devant.
Le chien sourit en dormant
sous le lilas que visitent des abeilles.
Des parfums d’éternité dans l’atmosphère
tels qu’aux étés de l’enfance
et des papillons qui dansent
dans des éblouissements de lumière.
En un battement de cils, tout est devenu sombre
et l’espace tout aussitôt
s’emplit de cris d’animaux,
seuls les yeux des ocelots luisent dans l’ombre.
Parmi les fruits noirs et les lianes des ficus,
au plus profond de la nuit
on pressent l’anomalie
dans des odeurs de térébinthe et d’humus.
Ébranlés par les roulements de l’orage,
secoués par la nature
et l’éclipse du futur
on a déjà quitté les eaux du rivage.
Les bougies vacillent dans le souffle humide,
apeuré le chien se terre,
effarés on se resserre,
les regards se tournent vers la place vide.
RÊVES RÊVERIES
HORIZON POÉSIE