Quand le soleil y pose ses doigts d’or,
Le mur s’endort debout ;
Il ferme les yeux, à la lumière,
Au souffle des sources
Qui ont baigné ses pierres exilées,
Au souvenir des mots
Qui se sont perdus dans les failles,
Aux larmes minérales
Que la nuit a déposées
Dans le froid clair des lunes renversées.
Le mur de pierre rêve
Que les mousses s’y promènent
Comme des pensées latentes,
Que les fourmis le soulagent
Du fardeau de l’invisible,
Que les lézards, minuscules éclairs,
Emplissent le silence de diagonales vives,
Pour que recommencent ailleurs
Le prodigieux regard d’une fleur,
Le sourire accueillant des collines.
La nuit, il se redresse dans le rêve des arbres,
Il danse sur la houle du cosmos,
Et ses fissures sont des chemins d’étoiles
Pour les astres errants.
Jusqu’à l’aube qui frémit
Comme une voile affalée,
Ses pierres parlent aux racines leur langue,
Celle qui ignore le passage du temps,
Avec des voix sans alphabet que le vent porte
Dans le souffle de l’instant.
SOUS L'ÉCORCE
HORIZON POÉSIE