La Plaza Mayor est blanche de soleil,
Elle est blanche de chaleur et de sommeil,
Blanche de granite et d’aride harmonie.
Sous les arcades l’obscurité attend
Les rares promeneurs qui s’y réfugient
Pour échapper aux espaces accablants.
Ils disparaissent dans les ombres ocrées
En sirotant des granités de café.
Jaillissant du porche de l’hôtel de ville
Qui ouvre au nord sur la Calle Zamora,
Un homme en habit noir, tel un alguazil
Qui entre dans l’arène sous les vivats.
Puis les cloches fendent l’épaisseur de l’air
Tandis qu’une femme habillée de lumière
Apparaît sur cette place où rien ne bouge.
D’elle on ne voit, à sa main, qu’un bouquet rouge.
VAGABONDAGES