Contre la coque, l'eau clapote et ondule,
L'horizon se défait, et la mer est lisse,
Une étoile dans l'ombre en silence glisse,
Le marin de quart la contemple, incrédule.
Un fanal devant lui point au crépuscule,
Lumignon rassurant, flottant sur l'abysse;
Lofant doucement sans que le foc frémisse,
Il aligne son feu sur celui d'Eckmühl.
Il songe à son sort, entre ces deux lanternes,
A sa vie commencée dans la baie d'Audierne,
Et que seuls retiennent ces brefs éclats blancs.
Cependant que sous lui, au cœur des ténèbres,
Ignorant la surface et ses faux-semblants,
On vit et on meurt sans quelconque air funèbre.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE