On sort du cinéma
comme on rentre de voyage,
interdit par la nuit
et par la pluie qui a inondé les trottoirs
où les néons bleuissent les reflets humains.
La ville abandonnée
à la pleine lumière
voilà deux heures à peine
était une autre ville.
On sort du cinéma
comme on renait d’un coma,
parenthèse de vie
libérée du temps et de la nécessité.
On cherche en vain qui on était en cette absence.
Déserteur débusqué,
repris par son destin
on reprend le chemin,
on retourne au combat.
On sort du cinéma
comme on émerge d’un rêve,
l’esprit encore empreint
d’images fugitives d’un monde étranger,
les pensées errant dans un ailleurs singulier.
La pluie sur les visages
fixe dans la mémoire
un jalon immuable
vers ces heures fusionnelles.
INSTANTANÉS
HORIZON POÉSIE