La ville a pris ses quartiers d’hiver ;
Noirs sont les passants et les façades,
Noirs l’horizon et les cris des corneilles,
Les toits brillants et le souffle du vent.
Mais le fleuve ouvre dans la ville
Une échappée de lumière ;
Sur l’eau miroitent des soieries
Et d’infimes fragments d’étoiles,
Sur les murs des quais les reflets posent
Des aurores boréales peintes en grisaille.
Les bas-ports aussi sont liquides ;
La brume flotte sur les berges
Dont les limites sont indécises,
Et sous les arches des ponts
Les lampes sont des méduses
Éclairées par la surface de l’eau.
Au crépuscule, l’ultime promeneur
Se ressource à cette coulée ;
Des mouettes déchirent les ombres
Et crayonnent de blanc l’ardoise du ciel.
EN ÉQUILIBRE
HORIZON POÉSIE