Sur cette terre aride, midi suspend mon souffle.
Le soleil implacable du désert me cloue au sol
Comme une main sur l’épaule.
Les hommes se reposent dans l’oasis proche,
Laissant assoupis, gueules ouvertes sur le vide,
Leurs monstrueux engins mécaniques.
Rien ne bouge, sinon la chaleur, lente, minérale,
Qui monte de la blancheur aveuglante du phosphate.
La poussière tourne encore,
Sans lieu où se poser, comme ma pensée endormie.
Le soleil bourdonne comme un insecte invisible,
L’air tremble, le désert respire.
Je m’assieds à l’ombre
De la roue démesurée d’un camion,
Face à la blancheur du minerai.
Tout est dur ici,
La matière et la fatigue des hommes,
Et ce grand silence qui use les certitudes.
Mais tout est vrai ici ;
Je crois que je voudrais m’arrêter aussi,
Laisser la poussière retomber sur mes doutes.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE