Atterrissage au couchant,
Aéroport de Fez,
Presqu’un aéro-club.
La piste tremble encore dans l’air chaud.
Un taxi nous mène en ville.
Loin des palais et de la Medina
Les rues sont désertées,
Mais la ville vit encore ;
On entend par-dessus les toits
Des appels à la prière du soir.
Sur la pente, au surplomb de la rue,
Sous des arbres rachitiques,
La terrasse éclairée,
D’un restaurant sans salle et sans clients ;
Un brasero y fume encore.
Au menu, agneau, poivrons grillés
Et ragoût de pommes de terre.
Tout près, assis sur un muret,
Douze ou treize ans peut-être,
Un enfant nous observe.
Notre repas terminé,
L’enfant se lève et approche,
De ses doigts il prend dans les assiettes
Le gras et les os qu’on y a laissés.
Le silence est de terre et de bitume.
L’enfant retourne à sa place,
Les bras et les pieds ballants.
Dans la clarté d’un lampadaire
Ses yeux brillent sous les boucles noires.
Pourtant la nuit devient plus douce.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE