Le peintre à son chevalet
Cueille le bleu à même le ciel ;
Le poète devant la feuille blanche
Emprunte au vent sa grammaire ;
Le compositeur à son piano
Capture le silence et le bruit.
Parfois, en se retournant, chacun d'eux s’étonne
Que sa main ait retrouvé la ligne d’un horizon voilé,
Que sa voix ait dévoilé le nom d’une rive inconnue,
Que son geste ait révélé le rythme d’un océan secret.
Chacun découvre une empreinte
Qu'il ne savait pas avoir laissée.
Et chacun s’émerveille
Que son corps ait reconnu
Que l’ailleurs lui est familier,
Que le dehors lui est intime,
Que l’étrange est son semblable.
EN ÉQUILIBRE