Le dernier rayon de soleil
Signe l'horizon d'une encre jaunie.
La pointe de Manhattan
Renvoie ce qui reste de lumière
Au-dessus de l'East River.
La nuit s’accroche aux câbles du pont
Tendus comme les cordages d'un grand voilier.
L’acier a des parfums de départ et de sueur.
Les gratte-ciels se dressent,
Somnambules de béton et d’acier,
Jusqu’à la proue de la ville
Qui pousse son étrave dans le détroit.
Une lune pâle plane sur les tours
Comme le rêve de ceux qui ne dorment pas.
Les fenêtres respirent, millions de poumons lumineux,
Fresque dont chaque carré raconte un exil.
Une lampe s’éteint, qui n’attend plus personne,
Et la nuit change de visage.
Le miroir bitumeux des eaux
Recueille l’éclat des étoiles,
Et Manhattan s’y noie comme une ville de cristal.
L’East River emporte les secrets des migrants
Et le pont oublie le passage des hommes.
VAGABONDAGES
HORIZON POÉSIE